Discours de Macron à Versailles : attention au faux libéralisme

Les représentants du peuple, les députés et les sénateurs, étaient donc réunis aujourd’hui à Versailles pour écouter le discours du Président Macron. Il s’agit sans aucun doute du premier grand moment (après l’installation de la nouvelle assemblée, sur laquelle je reviendrai une prochaine fois) de cette nouvelle législature. C’était intéressant à voir, et bien que toutes les hypothèses aient été envisagées avant même le discours par les commentateurs politiques, nous avons tout de même entendu des choses intéressantes.

Ai-je hésité à y aller ? Sincèrement, non. Quand on vous invite à un moment potentiellement historique, vous ne réfléchissez pas, vous y allez. Pour autant, on ne pouvait qu’être agacé par cette convocation des représentants du peuple, alors que la situation ne semblait pas l’exiger.

Déjà, ça coûte cher. Il est difficile d’avoir une estimation exacte, mais les chiffres avancés par les différents journaux oscillent entre 250000 et 600000€. C’est beaucoup, alors que nous savons que nous avons à faire des économies partout où cela est possible.

Ensuite, le boycottage du Premier ministre est parfaitement désagréable. Surtout que nous entendrons son propre discours de politique générale demain ! Pour autant, je n’ai donc pas boycotté ce moment intéressant de notre vie politique. Les Insoumis et d’autres députés peuvent trouver là un quart d’heure médiatique à leur mesure, pour ma part ce n’est pas comme cela que j’entends faire entendre ma voix de représentant du peuple français.

Je ne vais pas commenter l’ensemble du discours, qui était long (une heure et demie) et dense. De très nombreux articles seront écrits dessus, on peut même imaginer qu’il soit analysé ultérieurement dans des textes universitaires. Sur la forme, disons seulement que je n’ai pas apprécié le long sermon indigeste du début, ainsi que les différents élans lyriques, parfaitement convenus et donc ridicules. Mais la forme ne m’intéresse que peu, ce qui compte c’est le fond.

Il y a eu plusieurs annonces, mais pour la plupart il s’est agi seulement de confirmer la mise en route de la réforme. Je ne vais pas parler du Code du travail, ni de l’état d’urgence, ces sujets méritent des posts spécifiques. Je ne vais également pas commenter ici les annonces institutionnelles, plusieurs billets y seront consacrés plus tard.

Ce qui m’a le plus frappé, c’est le mélange incroyable qu’il arrive à réaliser au niveau idéologique. Au niveau du discours, il met bien en avant certains principes libéraux, comme au début de sa campagne présidentielle (on peut d’ailleurs penser que c’est en partie cette caractéristique qui lui a permis de se différencier des autres politiques), mais ces principes sont contredits régulièrement par ses propositions concrètes. L’émancipation des citoyens par exemple. De très belles paroles, mais cela coince au niveau de l’application. Dans son programme, nous aurons l’occasion d’y revenir, il n’y a rien de profondément libéral, il s’agit toujours d’encadrer les citoyens, de les contrôler de différentes manières. Et depuis son élection, il a montré une pratique du pouvoir parfaitement gaulliste, et donc anti-libérale.

Un exemple de ce qu’un président libéral ne dirait pas : mettre en avant l’amour de la patrie dès la deuxième minute de son discours. Et surtout rappeler ce concept fumeux de France indivisible, idée gaulliste fondamentale. Les racines de notre président ne sont pas libérales, ses solutions ne le seront pas, mais grâce à la mise en avant d’un faux libéralisme, à la fin de son mandat on accusera le libéralisme des échecs de ce quinquennat.

Un mauvais point pour certains de mes collègues Marcheurs, qui ont applaudi à trois moments le discours alors que c’est interdit par le règlement du Congrès (article 23).

Ouverture du blog “Moi, député libéral”

Bienvenue à tous ceux qui liront ces lignes. L’objet de ce petit blog, vous l’avez très certainement compris dès la lecture du titre, est d’incarner un député français fictif, qui votera les lois et commentera l’actualité politique. Et ce député aura donc une sensibilité libérale affirmée. Certains se diront peut-être que c’est inutile, puisque de nombreux députés se prétendent déjà être des libéraux. C’est malheureusement faux, le libéralisme authentique est dans notre pays l’une des idéologies les moins bien représentés sur la scène politique nationale. Je vais même aller jusqu’à dire que parmi les 577 élus de la législature qui débute, aucun n’est véritablement, profondément libéral. Je vais donc tenter de montrer les positionnements que prendrait un député libéral si un tel oiseau rare réussissait à se faire élire.

Soyons clairs : je ne prétends pas, à moi seul, représenter l’ensemble des libéraux. Il y a parmi les libéraux différentes sensibilités, qui s’affrontent fréquemment sur de nombreuses questions essentielles. Il serait donc illusoire de vouloir incarner une synthèse complète du libéralisme. Entre un libéral-conservateur et un anarcho-capitaliste, peu de choses en commun ! Le député fictif que je vais chercher à animer ici correspondra essentiellement à ma sensibilité, c’est-à-dire un sentiment minarchiste affirmé, dans la lignée de Frédéric Bastiat, Friedrich Hayek et Milton Friedman. Avec une bonne dose de centrisme, un doigt de progressisme, une mesure de démocratie, une part d’europhilie et un zeste de conscience écologique. Je suis certain qu’un autre libéral qui se lancerait dans la même expérience se trouverait à prendre des positions différentes sur certains points. Je pense tout de même qu’on tomberait d’accord sur la plupart des sujets.

Je publierai quelques articles par semaine, en fonction de l’actualité politique et parlementaireet de mes disponibilités. Mon but étant entre autres de susciter le débat, n’hésitez pas à les commenter. Merci d’avance pour toutes vos remarques, que ce soit sur le fond, la forme, l’orthographe, etc. Merci également d’avance pour votre bienveillance à l’égard de ce projet. J’espère arriver à conduire cette petite aventure sur l’ensemble de la législature, mais il peut arriver beaucoup de choses, nous verrons donc au fur et à mesure.

Premier vrai article ce soir, après le discours d’Emmanuel Macron à Versailles !